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15 décembre 2008

L'orthographe, la nouvelle lacune des cadres ?

C'est un participe passé qu'on ne sait plus trop accorder ou un invariable qu'on a encore oublié... Dans nos mails et dans nos lettres, les règles orthographiques ont souvent la vie dure. Une baisse de niveau dans la caste des cadres ? Pas forcément, rassure Bernard Fripiat, coach en orthographe.

Au vu du succès remporté par les coachs en orthographe, peut-on dire que les cadres font de plus en plus de fautes ?

« C'est surtout que, auparavant, leurs fautes se voyaient moins. Les changements technologiques ont induit des petites catastrophes orthographiques. Pas à cause du langage SMS, soi-disant ravageur : la moyenne d'âge dans mes stages est de cinquante ans... Mais il y a encore quelques années, les dirigeants dictaient leur courrier à une assistante et n'avaient donc pas à montrer leurs qualités ou défauts orthographiques. Avec l'Internet, les échanges se font plus directs et plus immédiats. Fini le temps où la lettre était relue avant la levée du courrier de 16 heures. Aujourd'hui, la réactivité demandée à tous nuit à l'étape essentielle de la relecture. Sans parler de la fatigue visuelle causée par les écrans d'ordinateur... Si vous observez bien, les problèmes orthographiques sont beaucoup plus récurrents en fin de journée ! »

Mais les fautes observées témoignent-elles de vraies carences orthographique ?

« Quand on parle de « stages d'orthographe », les gens pensent souvent qu'on apprend à conjuguer le verbe « être ». En réalité, la plupart de mes stagiaires font essentiellement des fautes d'inattention. Et puis, on peut être bon en orthographe et ne pas savoir que « aucuns frais » prend un « s » ou avoir des doutes sur l'accord de « ils se sont vus et parlé »... Mais, en France, on met une réelle pression sur le niveau en langue. Dans les entreprises, l'orthographe est une arme redoutable. Certains s’en servent pour harceler les autres. Quant aux lettres de motivation bourrées de fautes, les recruteurs les utilisent comme critère éliminatoire. Vous donnez l’impression d’avoir bâclé le travail, c'est comme si vous envoyiez une lettre sur du papier chiffonné.

D'où vient cette pression persistante sur l'orthographe ?

« J'aurais tendance à dire que c'est purement culturel : nous vivons dans une République des Lettres. Regardez nos dirigeants. Ils ont tous écrit au moins un livre ! On ne demande pourtant pas à Poutine ou à Bush s'ils ont déjà fait de la littérature... En France, être mauvais en maths est presque une question de snobisme, mais avouer qu'on a des problèmes d'orthographe est perçu comme une honte, une tare. Le premier PDG que j'ai coaché m'a fait signer cinq pages de clauses de confidentialité... Pourtant, la plupart des cadres n'ont pas fait d'études de lettres : c'est normal de ne pas pouvoir maîtriser sur le bout des doigts toutes les subtilités orthographiques... Il faut dédramatiser. »

Et comment faire pour « dédramatiser » ?

« D'abord bien se dire qu'il existe des gens très intelligents qui font énormément de fautes et des imbéciles qui n'en font jamais. Ceci dit, il ne faut pas s'inquiéter : étudier l'orthographe ne perturbera jamais les capacités intellectuelles de quelqu'un... Il existe quelques moyens mnémotechniques bien meilleurs que les correcteurs orthographiques. Une fois qu'on les connaît, on n'a plus peur de rien. Et puis, on ne le répétera jamais assez, quand on prend le temps de se relire, on voit très généralement ses propres fautes. On s'aperçoit alors qu'elles ne sont pas une fatalité et qu'on peut très facilement y parer. »

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 15.12.08

 

Les cinq erreurs qui tuent...

Au-delà de la simple faute d'inattention, les mêmes coquilles se cachent régulièrement dans les copies des cadres. De l'invariable traître au petit truc pour contourner les difficultés... petite leçon d'orthographe improvisée pour corriger les tout premiers mails de la journée.

« Leur » ou « leurs » ? Remettons les pendules à l'heure

« C'est une faute récurrente, explique Bernard Fripiat. Dans « mes parents leur parlent », on a souvent tendance à penser que « leur » représentant plusieurs personnes doit s'affubler d'un pluriel. Mais « leur » est déjà un pluriel ! Le petit truc ? Remplacer par « lui »... qui, lui, est au singulier. »

Les adverbes en « -ment », pas si dément

Abondamment et régulièrement... « On hésite souvent sur le doublement du « m » des adverbes en « -ment ». Un bon moyen pour sortir du doute : il y a deux « m » lorsqu'ils sont précédés du son « a ». » Quant à savoir si le son se transforme en lettre, c'est une autre histoire ! « Habituellement, lorsqu'on prend le mot le plus proche, on conserve son orthographe. » Un « a » dans « abondamment », tiré d' « abondance » et un « e » dans « évidemment », qui vient d'une « évidence ».

« Au vu » ou « en vue »

Les invariables qui font mal. « La locution « au vu » signifie « à la connaissance de » et est toujours invariable. On a pourtant souvent tendance à vouloir l'accorder lorsqu'elle est suivie d'un féminin ou d'un pluriel... Et bien non ! Même erreur à éviter pour « en vue », qui veut dire « nous allons bientôt voir quelque chose ». Il n'y a qu'une chose à faire : retenir. « Au vu des décisions du conseil » et « nous sommes en vue d'une solution ». »

« Aucuns frais »

« Sur une dictée, on peut être surs que 95 % des gens font la faute... voire vous corrige si vous l'écrivez correctement. Pourtant, « aucuns » prend bien un « s » devant « frais ». « Aucun » s'accorde toujours avec le mot qui suit. Par définition, ce mot se met toujours au singulier... Mais lorsqu'il ne possède pas de singulier, comme « frais », « aucun » s'accorde au pluriel. » La seule chance de s’en sortir pour les réticents ? « « Aucuns frais » est de moins en moins utilisé dans le monde des affaires... »

Des vestes orange mais des pulls fauves

« Les adjectifs de couleurs sont un grand classique des hésitations orthographiques. Et pour cause. Les règles sont compliquées... On dit que lorsqu'un nom est utilisé pour désigner une couleur il est invariable (« des vestes orange ») Mais il y a forcément plein d'exceptions pour venir nous embrouiller : « des pulls fauves ou des tables roses ». On peut évidemment apprendre les règles par cœur... Mais en cas de panique, le truc est tout simple : qualifiez la couleur ! « Des dossiers jaune foncé et des habits rouge vif »... Lorsque nous utilisons deux mots pour désigner une couleur, les deux sont invariables ! » C'est plus clair ?

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 15.12.08

12 décembre 2008

L'art et la manière de truquer son CV

Un peu de gonflette sur le CV, ne dites pas que ça ne vous est jamais arrivé... Les recruteurs ne sont pas dupes. En France, 75 % des DRH estimeraient que les candidats mentent sur leur niveau de formation et de compétences. Ce qui ne les empêche pas de recruter. Inventaire des tricheries repérées mais tolérées à certaines conditions...

Ils seraient 76 % des commerciaux, 35 % des techniciens et 28 % des administratifs à « truquer » leur CV. C'est en tous cas le résultat d'une étude réalisée par Florian Mantione Institut auprès de 1000 candidats. « Mais il y a fraude et fraude », prévient Florian Mantione.

Toucher l'emballage, jamais le cadeau

Car si le truandage est dangereux, l'embellissement subtil reste tolérable pour bon nombre de recruteurs. « On peut même apprécier l'habileté d'un candidat à enjoliver son parcours, reconnaît le spécialiste. Le curriculum est comme un cadeau. C'est très bien de vouloir améliorer l'emballage... Mais attention ! Si vous touchez au cadeau lui-même, ça devient inadmissible. »

« Imbécile et irresponsable »

Un avis que partage Hymane Ben Aoun, fondatrice du cabinet Aravati France et membre du Syntec-Recrutement. Elle reconnaît faire la différence entre « un CV rationnalisé et un CV truqué » : « Allonger la durée d'un poste pour masquer un trou dans un CV, je peux le comprendre, mais s'inventer une expérience ou s'attribuer un diplôme, c'est aussi imbécile qu'irresponsable. D'autant plus qu'aujourd'hui, il est très facile de vérifier un CV. »

« Mon cv est un projet »

De l'art, donc, de savoir se présenter en pipant les dés sans tricher. Rudolf, 29 ans, en est un habitué décomplexé : « Je prends mon CV comme un projet. En plus de mes compétences réelles, on y retrouve toutes celles que j'aimerais acquérir. » Pas question pour autant de s'envisager commercial trilingue quand on est un informaticien allergique à l'anglais. « Il y a certaines choses sur lesquelles on peut se faire avoir tout de suite. Les langues, notamment, peuvent être testées dès l'entretien. »

Mettre les bouchées doubles pour masquer la ruse

Même chose pour le diplôme dont une copie vous est très régulièrement demandée avant toute embauche définitive. « En revanche, reprend Rudolf, il m'arrive fréquemment de dire que je maîtrise tel ou tel logiciel que je ne connais pas vraiment. Charge à moi, ensuite, de mettre les bouchées doubles, de travailler chez moi le soir s'il le faut, pour réellement le maîtriser à temps. » 40 % des recruteurs, selon l'étude du Florian Mantione Institut, auraient d'ailleurs conscience du fait que les candidats surestiment leur maîtrise des outils informatiques.

Internet désinhibe la fraude

Mais pourquoi ce besoin de truquer son CV ? « Ça a toujours existé, affirme Hymane Ben Aoun. Auparavant, on avait peut-être moins de moyens pour s'en apercevoir. » Pourtant, les études successives du cabinet Florian Mantione montrent bel et bien une évolution. « Internet a énormément désinhibé les candidats, observe le consultant. Il est plus facile de dire qu'on s'est trompé en cochant une case d'un cv électronique que d'écrire noir sur blanc la vérité. »

Des CV faussés pour répondre à des annonces faussées

Côté candidat, on met surtout en cause l'exigence excessive des employeurs. « L'hypocrisie vient surtout des recruteurs, affirme Rudolf. S'ils ne demandaient pas des compétences démesurées par rapport à celles réellement nécessaires au poste, on n'aurait plus besoin de mentir. »

Pas question non plus pour les recruteurs de ne blâmer que la mauvaise foi des candidats : « quand les recruteurs font bien leur boulot et prennent la peine de demander aux candidats de présenter des preuves de leurs diplômes, de leurs salaires et de leurs anciens contrats, on évite les fraudes, assène Florian Mantione. Quoi qu'il arrive, on a les candidats qu'on mérite ! »

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 12.12.08

 

Mentir sur son CV : l'avis de deux recruteurs

Du petit maquillage de CV au mensonge un peu trop gros en entretien, les recruteurs ne sont pas dupes et repèrent facilement les artifices. Mais attention, leur indulgence varie suivant la gravité de l'imposture. Nous avons recueilli les réactions à chaud de deux recruteurs face aux boniments les plus fréquents.

« Mais si, j'en suis capable... »

Exagérer ses responsabilités, c'est quasi un classique tant dans le CV que pendant l'entretien d'embauche. « Il y a certaines formulations qu'on repère tout de suite », sourit Hymane Ben Aoun, d'Arvati France. Les « nous avons augmenté les chiffres de tant de pourcents » qui inclut le candidat dans un groupe, par exemple... « On comprend vite que le candidat a participé à un projet, reprend la conseillère en recrutement, mais qu'il n'en a peut être pas assumé toutes les responsabilités... » « Personnellement, ça ne me dérange pas, affirme Florian Mantione, du Florian Mantione Institut. Ce n'est pas parce qu'on n'a pas encore fait quelque chose qu'on n'est pas capable de le faire. » A vous, en revanche, de vous prendre en main pour arriver au plus vite au niveau demandé. Sinon, la supercherie sera vite démasquée... et vous même risquez de perdre pied !

Diplômé de l'ESC Saint Martin-du-Fouilloux

« L'un des premiers motifs de fraude porte sur la formation, observe Hymane Ben Aoun, du cabinet Aravati France. Le plus courant étant les gens qui ont fait une école, mais qui n'ont pas eu le diplôme. » Les degrés de mensonge sont donc variables, allant de la simple « formation à » laissant les portes ouvertes à toute interprétation quand on n'est pas diplômé, jusqu'au très dangereux faux diplôme. Or, si la loi vous protège en cas de mensonge à l'embauche, elle condamne très durement l'usage de faux. « De toutes manières, les recruteurs ne sont pas dupes, souligne Florian Mantione. Ils demandent régulièrement une copie du diplôme pour éviter ce genre de truandage. »

Cachez ce trou que je ne saurais voir

Une période de chômage qui ne vous sied guère, un contrat terminé prématurément, un poste pas vraiment valorisant ? On allonge légèrement la durée du poste précédent et hop… le tour est joué ! « Quand je m'en aperçois, j'aime surtout observer la réaction du candidat, reconnaît Florian Mantione. S'il se défend habilement, je considère qu'il sera sans doute habile dans son métier également... Si ses excuses sont bidons, je n'apprécie guère. » La réaction de Hymane Ben Aoun est légèrement différente : « j'aime qu'un candidat me parle honnêtement pendant l'entretien. Une faille sur un CV n'est pas rédhibitoire. Une malhonnêteté, si. »

Le salaire… de mes rêves

Un peu de primes par-ci, une pincée d'avantages par là... Gonfler son salaire précédent fait également partie des pratiques courantes du candidat peu scrupuleux (ou « averti »... au choix !). « Ce sont souvent des commerciaux qui ne citent que le meilleur mois de l'année ou qui anticipent les objectifs atteints », observe Florian Mantione. Une attitude jugée peu dramatique par Hyman Ben Aoun : « Pour moi, c'est quelque chose de totalement humain. On estime souvent être sous payé par rapport à sa valeur... » Pour autant, ne croyez pas vous en sortit si facilement : « Nous aussi on ruse, reprend Florian Mantion. On demande une copie des trois derniers bulletins de salaire... »

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 11.12.08

01 décembre 2008

Mettez du bio dans votre carrière

Un peu de vert sur votre cv, vous y aviez déjà pensé ? En Rhône-Alpes, le secteur du bio connaît un fort développement et devient un enjeu stratégique pour les entreprises. A la pointe des innovations techniques, commerciales et marketing, le bio investit tous les marchés, se professionnalise et recrute des profils de plus en plus exigeants.

Fini le temps où le secteur du bio se voyait relégué au rang d'économie de seconde zone. En Rhône-Alpes, première région en nombre d'exploitations bio, la filière attire de plus en plus de grands groupes et les entreprises misant sur un mode de consommation plus naturel se développent.

40 % de croissance dans les cosmétiques

« Au niveau de l'agroalimentaire, c'est un marché qui croît de 10 % par an », explique Séverine Chastaing, chargée de mission à Bioconvergence Rhône-Alpes, une association regroupant les professionnels du secteur agrobiologique de la région. Une croissance qui atteint même 40 % par an dans la filière cosmétique.

Une belle diversité agricole

« Historiquement, la Drôme, notamment, a toujours été un département leader sur le bio, souligne Olivier Markarian, directeur commercial de Markal. Notre situation géographique nous permet d'avoir une belle diversité agricole. » Petit-fils du fondateur de la minoterie, l'entrepreneur ne peut s'empêcher d'admirer les évolutions de son marché : « il y a dix ans, personne ne pariait une cacahouète sur nous. Aujourd'hui on nous envie. » Et pour cause : Markal conquiert chaque année de nouveaux marchés. « Nous nous développons très bien en Angleterre et aux Etats-Unis, et nous venons de démarrer l'export sur le Moyen-Orient, l'Asie du Sud-Est et l'Europe de l'Est », énumère le chef d'entreprise.

Commercial, marketing et logistique

Idem pour la société Euro-Nat. Partie de l'idée d'une commercialisation française du quinoa (une céréale sud-américaine), la société a diversifié ses gammes et développé la distribution de ses marques. Aujourd'hui, 177 salariés travaillent pour le groupe. « Depuis trois ans, nous recrutons régulièrement des commerciaux et de nouveaux collaborateurs en marketing et en logistique », annonce Séverine Daujam, attachée de direction de l'entreprise.

Des opportunités pour les cadres

Et pas question de restreindre les embauches aux seuls rescapés de l'époque baba-cool : « il faut démystifier l'idée qu'on n'emploie que des convertis ou des fanatiques, souligne Olivier Markarian. Moi, ce qui m'intéresse ce sont des gens qui ont envie de prendre part à un projet d'entreprise. »
Pour lui, la professionnalisation du secteur rend judicieux le choix d’une carrière dans le bio pour un cadre. « S'il existe encore une myriade de toutes petites entreprises, commente Olivier Markarian, la plupart d'entre nous ont réussi à atteindre la taille de PME et recherchent sans cesse à croître. »

Les géants sur le secteur

Croître pour mieux s'adapter aux lois du marché. Car loin de la petite structure vivotant sur ses terres, le bio attire de plus en plus de géants de la consommation. Danone, Picard ou L’Oréal investissent de plus en plus dans la filière.
Un attrait dû tout autant à l'engouement des consommateurs pour le bio qu'à un réel dynamisme des acteurs du secteur. Travaillant sans cesse sur de nouvelles entrées de gamme, la filière bio accorde une grande place à l'innovation. En Rhône-Alpes, le programme Bio'innov accompagne d'ailleurs chaque année dix entreprises dans leurs stratégies de développement.

Recherche et Développement

« Que ce soit dans la transformation des matières premières, dans le design des produits, dans l'adéquation des emballages, le bio est un secteur qui demande de plus en plus d'investissements dans la Recherche et le Développement », précise Séverine Chastaing, à Bioconvergence. Preuve s'il en est encore besoin, que le bio n'a pas fini de faire parler de lui.

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 01.12.08

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