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26 avril 2009
Et toi ? T'es plutôt facebook ou viadeo ?
Facebook, Viadeo ou LinkedIn... Les réseaux virtuels sont désormais devenus indispensables dans nos vies de tous les jours comme dans l'impulsion de nos carrières. Encore faut-il savoir les utiliser à bonne escient, sans y perdre tout son temps.
Selon une enquête réalisée en 2008 par Keljob, 70 % des Français considèreraient les réseaux sociaux sur internet comme un bon moyen de faciliter leur recherche d'emploi. Il serait même près d'un tiers à avoir décroché un contrat grâce au seul réseau virtuel dont ils font partie. En mars 2008, le site de l'Apec lançait un partenariat avec LinkedIn pour que ses 600 000 membres puissent bénéficier des fonctionnalités du réseau professionnel. En décembre, c'était Cadremploi qui rejoignait les 100 millions de profils Facebook... Désormais, le cadre au chômage en Pouilly-en-Nonais peut rentrer en contact (virtuellement tout du moins !) avec Bill Gates. De quoi dire adieu à votre bonne vieille carte de visite ?
Virtuel ou réel, même combat
Non point, rassure François Laurent, co-président de l'Adetem, premier réseau des professionnels du Marketing : « Le fait d'opposer réseau virtuel et physique est un non sens. Cela voudrait dire qu'il y a une vie dans le rue et une vie sur le web. Or, l'une et l'autre sont aujourd'hui complètement liées. »
Même avis pour Olivier Fécherolle, directeur général de Viadeo : « Bien loin de nuire aux réseaux traditionnels, les réseaux sur internet en ont montré tout le potentiel. Cela fait 20 ans que les conseillers en carrière parlent de l'importance des réseaux... Ils sont maintenant plus simples et plus naturels à entretenir. On n'a plus besoin d'être un expert du réseau pour avoir des contacts. »
Un profil, c'est plus qu'un CV
Un expert, non. Mais quelques règles s'imposent pour les rendre réellement performants. « Il faut commencer par choisir son réseau, affirme François Laurent. Ca ne sert à rien de courir d'un site à l'autre. Mieux vaut bien entretenir un profil. » Entre réseaux transversaux, comme Facebook, ou réseaux purement professionnels, à vous de voir ce qui vous sied le mieux.
Mais quel que soit votre choix, ne remplissez pas votre profil à la va-vite : « Un profil c'est plus qu'un CV, explique Olivier Fécherolle. Il doit rester neutre dans le ton, mais en dit plus sur vous. Vous pouvez rajouter les gens que vous connaissez, les liens que vous avez publié sur internet, vos goûts et vos attraits... Plus on dit de choses, plus on joue le jeu. Et plus c'est payant. »
Attention aux intrus
Reste ensuite à établir votre carnet de contacts. Facile ? Pas toujours... « Le réseau reste toujours une affaire de confiance. On déconseille à nos membres d'ouvrir leur profil à quelqu'un qu'ils ne connaissent pas. Il suffit d'un mauvais élément pour nuire à votre image. »
Et pourquoi pas un blog ?
Votre image, justement, le web peut en devenir le démultiplicateur, si vous savez utiliser les bons outils. « « Nos jeunes professionnels, reprend François Laurent, ont créé leurs groupes d'échanges sur Facebook. Et l'Adetem propose une plateforme de blogs. » Nouveautés de votre secteur, réflexion personnel sur votre branche d'activité ou simple partage d'information, internet vous permet de vous poser en vrai professionnel sans être l'invité d'honneur de tous les colloques de la région.
Se faire remarquer par ses idées
« L'essentiel, c'est de se faire remarquer par ses idées », confirme Olivier Fécherolle. A défaut de tenir un blog régulier, il vous suffit parfois de poster une ou deux (bonnes) réponses sur une question à un forum ou de lancer les débats en faisant remonter un article repéré dans la presse ou sur la toile. « Adhérer à des groupes qui abordent des thématiques proches de votre domaine est aussi un bon moyen de se tenir au courant et de faire de nouvelles rencontres », avance François Laurent.
Pas si chronophage...
Une activité à plein temps de réseauter sur la toile ? Le co-président de l'Adetem a la réplique : « Pensez donc au kilomètre de lettres qu'on devait écrire avant internet, aux heures interminables au téléphone et aux journées perdues dans les salons pour échanger trois cartes de visites... qui pouvaient ensuite se perdre dans le fond d'un tiroir. »
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 26.04.09
"Aller vers les autres pour ne passer à côté de personne"
Fondatrice du site coachforleaders.com, Marie-Jeanne Marti est coach et consultante. Diplômée de sociologie, journaliste pour divers médias pendant quinze ans avant de se lancer sur les planches en tant que comédienne, elle s'est forgée au cours de son parcours professionnel une réelle expérience du réseau. Un outil professionnel qu'elle envisage comme un art de vivre.
Le « réseau », kézako ?
Le réseau, c'est tout. C'est votre famille, ce sont vos amis, c'est votre médecin ou votre boulangère. Tout ces gens que vous rencontrez et avec qui vous échangez. Tous ceux qui peuvent vous donner une information, un tuyau, un boulot ou la simple possibilité de rencontrer une autre personne. Pas forcément dans l'instant, là, comme ça. Mais un jour, peut-être. On a tendance à entendre le réseau d'un point de vue « mercantile ». Or, il ne faut surtout pas confondre le réseau et le commercial. Dans un cas vous avez quelque chose à vendre, vous, votre « œuvre » ou un produit. Dans l'autre, vous êtes simplement ouvert sur les opportunités. Vous lancez des filets. Le réseau, c'est comme la marée : vous attendez calmement devant l'océan ce que la mer peut vous rapportez. Mais vous ne savez jamais quoi.
Vu comme ça, le réseau ne prend-il pas un côté « intéressé » ?
Pourquoi ? Parce que vous l'envisagez comme un mélange d'affect et d'intérêt ? C'est tout l'inverse. Le réseau, c'est être simple et remettre les relations à plat. On a tous besoin de quelque chose à un moment ou à un autre. Ce n'est pas un drame et ce n'est pas être quelqu'un d'intéressé. Il faut juste accepter d'être aidé, accepter de demander. L'essentiel est de positiver cette démarche et de prendre plaisir à rester ouvert aux autres, à envisager toute nouvelle rencontre comme une chance à part d'élargir ses connaissances. Le réseau, c'est juste se trouver des points communs. C'est aller vers les autres pour être sûr de ne passer à côté de personne.
Et pour les timides ?
La timidité est acceptable pour les enfants. Ensuite, elle n'est plus qu'un refuge pour se défosser d'un tas d'initiatives d'adulte. Si les gens se mettent dans la tête de sortir de leur timidité, ils y arrivent. Néanmoins, cela demande souvent de commencer par faire un travail sur la confiance en soi, de parvenir à se revaloriser à ses propres yeux. Mais quoi qu'il arrive, il n'y a pas de formation de base au réseau. Il suffit juste d'un déclic. D'un état d'esprit. Et tout le reste suit.
La rencontre semble primordiale dans votre conception du réseau. Que pensez-vous des réseaux sociaux virtuels ?
Internet est un outil magnifique... mais pas humain. Ces genres de « réseaux » fonctionnent très bien parce qu'ils vendent une illusion : grâce à eux, on a l'impression qu'on peut discuter avec la planète entière. Sauf que la planète entière, on s'en moque un peu. Et puis vu le temps que cela prend, cela ne sert pas à grand chose. Surtout si vous ne rencontrez pas les gens derrière. Mieux vaut s'occuper pleinement des gens qu'on connaît. Ce sont eux les premières pierres de nos réseaux.
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 26.04.09
Pour en savoir plus : « Cultivez efficacement vos réseaux », Marie-Jeanne Marti et Delphine Barrais. Edition ESF, 2007.
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