02 décembre 2009
Auto-promo
L'interview.fr, site laboratoire du webdocumentaire, fait un post sur mon diaporama sonore Rendez vous aux bains douches :
09:10 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rubrique economique et social
09 juin 2009
Portage salarial / auto-entrepreneuriat : le match
3000 auto-entrepreneurs nouveaux par jour. La loi Novelli, depuis son adoption en janvier 2009, a déjà fait un bon nombre d'adeptes. Simple, sans risque et sans trop de frais... Le système a les atouts pour chasser sur le terrain des sociétés de portage.
« Ca ne s'oppose pas, ça se complète. » Le cri est unanime tant du côté des sociétés de portage salarial que des têtes pensantes de l'auto-entrepreneuriat. Pourtant, devant le succès impressionnant de la loi Novelli sur le statut d'auto-entrepreneur (près de 150 000 inscrits depuis le 1er janvier 2009), les entreprises de portage pourraient bien se faire du mouron.
Plus simples et plus accessibles
François Hurel est celui par qui tout a commencé. Le délégué général de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes a rédigé le rapport qui a permis la création de la loi Novelli. Même si, en façade, il affirme que les deux systèmes ne peuvent être mis en concurrence, il reconnaît que « là où le portage salarial offrait des opportunités, l'auto-entrepreneuriat en offre d'autres. Plus simples et plus accessibles à tous. »
Aucun risque
C'est ce qui a séduit Hélène Lelandais, « 29 ans depuis le 14 mai ». La date est importante : le jour de son anniversaire, en quelques clics sur internet, la jeune femme s'est offerte « son » entreprise, une société de prestation de secrétariat. « Depuis longtemps, je voulais savoir pourquoi je me levais le matin », se réjouit Hélène. Le système de l'auto-entrepreneuriat lui a permis de sauter le cap. « C'était extrêmement simple et je sais que je ne prends aucun risque puisqu'on ne paie des charges que sur ce que l'on gagne. » Le portage salarial ? La nouvelle auto-entrepreneuse reconnaît ne pas y avoir trop réfléchi. « Ca ne m'intéressait pas. Le fait de devoir laisser une partie de mes revenus à une société ne me plaisait pas. »
45 % contre 75 % de la facture
« C'est là, la force majeure de l'auto-entrepreneuriat », s'enthousiasme Grégoire Leclercq. Le jeune homme a lancé la première Fédération des auto-entrepreneurs il y a six mois. L'association compte déjà plus de 1 200 membres. « A qui s'adresse le portage salarial ? A plus grand monde », sourit-il avant de faire un bref un calcul. « En portage, vous touchez 45 % de ce que vous facturez. En auto-entrepreneur, vous empochez 75 %. C'est quand même plus intéressant, non ? »
Chiffre d'affaire limité
Du côté des sociétés de portage, on ne dément pas. « La loi Novelli a mis en place un excellent système, affirme Radhia Amirat, responsable de la communication du Syndicat national des entreprises de portage salarial (Sneps). Mais tout dépend de votre type d'activité. » Pour les professionnels, les deux systèmes ne s'adressent pas aux mêmes profils : « L'auto-entrepreneuriat a un chiffre d'affaire limité à 32 000 euros par an. Il est parfait pour les petites activités parallèles. Mais pour les gens qui souhaitent développer une activité principale sans avoir à se préoccuper des tracasseries administratives, le portage salarial est préférable. »
Pas le même public
Même constat pour Jean-Charles Vallet, président du Sneps. Dans sa propre société, Calleo, il enregistre une croissance de 20 % pour l'année en cours. « Le portage salarial est un confort. Nous nous adressons majoritairement à des gens qui gagnent plus de 30 000 euros par an. Un public senior qui tient, par ailleurs, à son régime général. »
Plus d'assurances avec le portage
Car là est l'équation : alors que les sociétés de portage permettent de cotiser pour la retraite et pour l'assurance chômage, l'auto-entrepreneuriat, s'il coûte peu, offre peu de protection. « C'est sur le plan des assurances que les sociétés de portage continueront à faire la différence, reconnaît Grégoire Leclercq, de la Fédération des auto-entrepreneurs. Elles accompagnent leur client un à un sur un business plan et sont donc plus à même de proposer des solutions qualifiées pour chacun. »
Observer sur la longueur
Malgré cet attrait, les chiffres gouvernementaux révèlent que les deux activités fétiches du portage salarial, conseil de gestion et services à la personne, sont à l'heure actuelle les plus représentées dans l'auto-entrepreneuriat. « On fera le point dans deux ans, propose, confiant, Jean-Charles Vallet. Une fois l'effet de mode passé, il faudra voir combien de ces nouvelles structures tiendront sur la durée. »
Des changements de statuts
D'autant plus qu'une fois le seuil des 32 000 euros atteints (80 000 euros pour les établissements à vocation commerciale), les auto-entrepreneurs passent directement au statut d'entreprise en EURL ou SARL. « Certains ne seront pas forcément préparés à ce genre de changements », prévient Radhia Amirat. Et préfèreront rechanger de statuts pour faire appel aux services d'une société de portage qui gèrera leur administratif ?... On vous l'avait dit : « Ca ne s'oppose pas, ça se complète. »
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 05.06.09
09:35 Publié dans Cadremploi.fr | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rubrique economique et social
05 mai 2009
Et pourquoi pas une année sabbatique ?
Un an pour se faire la malle. Qui n'en a pas rêvé ? C'est le principe de l'année sabbatique. Un congé bien pratique et pourtant peu utilisé en France. Car au-delà du projet de tour du monde ou de l'envie de retaper la bicoque de Mémé dans le Larzac, il faut savoir gérer ce « blanc » dans sa carrière.
L'expérience remonte à 6 ans, mais il en parle comme si c'était hier. En 2003, Pascal Dutronc quitte pour un an son poste de Directeur général adjoint à l'UCPA pour prendre le large en famille. « Ma femme et moi étions des mordus de voile. Nous avions donc décidé de parcourir l'Europe, l'Afrique et l'Amérique centrale à bord de notre bateau, en compagnie de nos trois enfants. »
Cinq ans pour se préparer
Formation à la navigation et préparation du navire, il n'aura pas fallu moins de cinq ans aux moussaillons en herbe pour concrétiser leur projet. Un temps de latence plus que bénéfique : « Nous travaillions tous les deux et il fallait vraiment anticiper notre départ sur le plan professionnel. Il n'était pas question que mon employeur se retrouve acculé, mis devant le fait accompli. Idem pour mes équipes, que je voulais préparer à mon absence. »
Montrer sa flexibilité
« Cette étape de la préparation est primordiale, affirme aussi Gilles Lacour, consultant en gestion de carrière chez Altedia. Le plus simple est d'en parler clairement avec son employeur et de montrer sa flexibilité. Lui faire savoir que vous pensez à prendre une année sabbatique, mais que vous n'êtes pas à six mois près. » Car pas de doute ! L'année sabbatique n'est pas mal vue dans l'univers de l'entreprise. « Tout le monde en rêve, reprend Gilles Lacour. A vous de créer l'envie. »
Une continuité du projet professionnel
Un avis partagé par Robert Zuili, coach et cofondateur du cabinet Excelia : « Néanmoins, c'est un projet qui va donner des interprétations. Il faut éviter que celles-ci soient négatives, que votre entourage pense à une fuite ou à un mal-être. Le tout est de montrer en quoi ce projet reste dans la continuité de votre projet personnel et professionnel. »
Quel apport pour votre employeur ?
« A partir du moment où c'est important pour vous, toutes les raisons sont bonnes, confirme Gilles Lacour, et peu importe ce que vous voulez faire de votre année. Il faut juste le projeter en termes d'avenir. Qu'est-ce que ça va vous apporter à vous et à votre employeur ? » Et de citer le cas de ce jeune cadre qui, après avoir perdu son emploi, s'est pris une année pour se ressourcer. « A son retour sur le marché du travail, il expliquait posément qu'il était désormais en pleine forme, prêt à être performant. Tous les recruteurs lui ont dit : « on vous envie. ». Il n'a pas eu de mal à retrouver un job. »
Pour Pascal Dutronc, les arguments d'alors se sont renforcés après son expérience. « J'ai redécouvert les qualités relationnelles que j'avais en moi, mais que j'avais un peu oublié. Et puis, le fait de faire face à l'inconnu, en mer, à l'étranger ou simplement dans une nouvelle vie qu'on se donne pour un an, c'est très formateur pour le travail en entreprise. »
Risques de tout perdre
Côté employeur, cette année sans vous peut aussi porter ses fruits : « Ca permet de penser à l'après, de tester d'autres personnes sur votre poste, d'ouvrir des possibilités, poursuit Pascal Dutronc. Avec, évidemment, un risque de ne pas retrouver son poste au retour. » C'est la peur première des candidats au congé sabbatique. « C'est vrai qu'on est jamais irremplaçable pour une entreprise, avoue Gilles Lacour. C'est pour ça qu'il ne faut pas se faire oublier pendant son année. »
Rester connecté
Conserver sa boîte professionnelle, envoyer quelques mails de temps à autre et se tenir au courant de ce qui se passe dans sa boîte... Pascal Dutronc s'est tenu à cet exercice de « non-déconnexion » : « On s'était fixé des points réguliers avec le DG... Je ne sais pas si ça a été très utile pour la boîte. Mais ça m'a au moins permis de ne pas être complètement largué au retour. »
Préparer le retour...
Car la reprise s'avère souvent délicate. « En un an, vous pouvez devenir complètement ‘has been’, observe Gilles Lacour. Il y a de nouvelles têtes, de nouveaux logiciels, de nouveaux marchés ou de nouveaux concepts. » Même remarque pour Robert Zuili, qui conseille même de programmer, avant le départ, un parcours de remise à niveau pour gérer au mieux le retour.
... et envisager la suite !
« Tout dépend des personnes et de l'expérience vécu, nuance Pascal Dutronc. Mais c'est vrai qu'il m'a bien fallu deux mois pour retrouver ma place. Je me sentais confiné dans mon bureau et j'avais vraiment besoin de me remettre à la page. En même temps... Mon voyage avait fait grandir ma capacité d'adaptation. Et j'ai fini par trouver ça très stimulant de se remettre en question. » Tellement stimulant que trois ans plus tard, le skipper de l'UCPA a changé de branche. Il est aujourd'hui directeur d'un hôpital privé. « Notre voyage y est pour quelque chose. J'ai compris que je pouvais explorer d'autres possibles. Y compris sur le plan professionnel. »
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 04.05.09
Les modalités pour prendre son année
Pas question de faire ça sur un coup de tête. Depuis 1984, prendre un congé sabbatique d'une durée de six à onze mois est un droit dans votre carrière professionnelle... mais il y a quelques petites règles à respecter. Suivez le guide !
Au moins six ans d'expérience professionnelle
Pouvoir justifier, à la date du départ en congé, d'au moins six ans d'expérience professionnelle et de 36 mois d'ancienneté dans l'entreprise. Vous ne devez pas avoir bénéficié d'un autre congé sabbatique, d'un congé de création d'entreprise ou d'un congé de formation de six mois ou plus, au cours des six années précédentes passées au sein de votre société.
« Madame, Monsieur, J'ai l'honneur de... »
La demande de congé sabbatique doit être adressée à l'employeur au moins trois mois avant la date du départ. N'oubliez pas de le faire par lettre recommandée avec accusé de réception, à moins que vous ne la remettiez en mains propres... Auquel cas, demandez un reçu. La date de départ et la durée du congé souhaitée doivent impérativement figurées dans votre courrier.
Trente jours pour la réponse
Votre employeur a trente jours pour vous répondre, lui aussi par lettre recommandée avec accusé de réception. Dans une entreprise de plus de 200 salariés, on ne peut vous refuser ce droit, mais on peut le décaler d'une période maximale de six mois. Dans une entreprise de moins de 200 salariés, votre employeur peut reporter le congé de neuf mois et peut rejeter votre demande. Il doit, pour cela, justifier que « le congé aurait des conséquences préjudiciables à la production et à la bonne marche de l'entreprise ».
Et mon contrat ?
Il est suspendu et non rompu. Pendant la durée de votre congé, vous n'êtes pas rémunéré, vous ne gagnez pas d'ancienneté ni de droit aux congés payés. Vous avez le droit de travailler pour une autre entreprise ou de créer votre propre société, à condition de ne pas porter concurrence à votre employeur. A votre retour, vous devez retrouver votre poste ou un poste équivalent, assorti d'une rémunération similaire.
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 04.05.09
15:46 Publié dans Cadremploi.fr | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rubrique economique et social
26 avril 2009
Et toi ? T'es plutôt facebook ou viadeo ?
Facebook, Viadeo ou LinkedIn... Les réseaux virtuels sont désormais devenus indispensables dans nos vies de tous les jours comme dans l'impulsion de nos carrières. Encore faut-il savoir les utiliser à bonne escient, sans y perdre tout son temps.
Selon une enquête réalisée en 2008 par Keljob, 70 % des Français considèreraient les réseaux sociaux sur internet comme un bon moyen de faciliter leur recherche d'emploi. Il serait même près d'un tiers à avoir décroché un contrat grâce au seul réseau virtuel dont ils font partie. En mars 2008, le site de l'Apec lançait un partenariat avec LinkedIn pour que ses 600 000 membres puissent bénéficier des fonctionnalités du réseau professionnel. En décembre, c'était Cadremploi qui rejoignait les 100 millions de profils Facebook... Désormais, le cadre au chômage en Pouilly-en-Nonais peut rentrer en contact (virtuellement tout du moins !) avec Bill Gates. De quoi dire adieu à votre bonne vieille carte de visite ?
Virtuel ou réel, même combat
Non point, rassure François Laurent, co-président de l'Adetem, premier réseau des professionnels du Marketing : « Le fait d'opposer réseau virtuel et physique est un non sens. Cela voudrait dire qu'il y a une vie dans le rue et une vie sur le web. Or, l'une et l'autre sont aujourd'hui complètement liées. »
Même avis pour Olivier Fécherolle, directeur général de Viadeo : « Bien loin de nuire aux réseaux traditionnels, les réseaux sur internet en ont montré tout le potentiel. Cela fait 20 ans que les conseillers en carrière parlent de l'importance des réseaux... Ils sont maintenant plus simples et plus naturels à entretenir. On n'a plus besoin d'être un expert du réseau pour avoir des contacts. »
Un profil, c'est plus qu'un CV
Un expert, non. Mais quelques règles s'imposent pour les rendre réellement performants. « Il faut commencer par choisir son réseau, affirme François Laurent. Ca ne sert à rien de courir d'un site à l'autre. Mieux vaut bien entretenir un profil. » Entre réseaux transversaux, comme Facebook, ou réseaux purement professionnels, à vous de voir ce qui vous sied le mieux.
Mais quel que soit votre choix, ne remplissez pas votre profil à la va-vite : « Un profil c'est plus qu'un CV, explique Olivier Fécherolle. Il doit rester neutre dans le ton, mais en dit plus sur vous. Vous pouvez rajouter les gens que vous connaissez, les liens que vous avez publié sur internet, vos goûts et vos attraits... Plus on dit de choses, plus on joue le jeu. Et plus c'est payant. »
Attention aux intrus
Reste ensuite à établir votre carnet de contacts. Facile ? Pas toujours... « Le réseau reste toujours une affaire de confiance. On déconseille à nos membres d'ouvrir leur profil à quelqu'un qu'ils ne connaissent pas. Il suffit d'un mauvais élément pour nuire à votre image. »
Et pourquoi pas un blog ?
Votre image, justement, le web peut en devenir le démultiplicateur, si vous savez utiliser les bons outils. « « Nos jeunes professionnels, reprend François Laurent, ont créé leurs groupes d'échanges sur Facebook. Et l'Adetem propose une plateforme de blogs. » Nouveautés de votre secteur, réflexion personnel sur votre branche d'activité ou simple partage d'information, internet vous permet de vous poser en vrai professionnel sans être l'invité d'honneur de tous les colloques de la région.
Se faire remarquer par ses idées
« L'essentiel, c'est de se faire remarquer par ses idées », confirme Olivier Fécherolle. A défaut de tenir un blog régulier, il vous suffit parfois de poster une ou deux (bonnes) réponses sur une question à un forum ou de lancer les débats en faisant remonter un article repéré dans la presse ou sur la toile. « Adhérer à des groupes qui abordent des thématiques proches de votre domaine est aussi un bon moyen de se tenir au courant et de faire de nouvelles rencontres », avance François Laurent.
Pas si chronophage...
Une activité à plein temps de réseauter sur la toile ? Le co-président de l'Adetem a la réplique : « Pensez donc au kilomètre de lettres qu'on devait écrire avant internet, aux heures interminables au téléphone et aux journées perdues dans les salons pour échanger trois cartes de visites... qui pouvaient ensuite se perdre dans le fond d'un tiroir. »
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 26.04.09
"Aller vers les autres pour ne passer à côté de personne"
Fondatrice du site coachforleaders.com, Marie-Jeanne Marti est coach et consultante. Diplômée de sociologie, journaliste pour divers médias pendant quinze ans avant de se lancer sur les planches en tant que comédienne, elle s'est forgée au cours de son parcours professionnel une réelle expérience du réseau. Un outil professionnel qu'elle envisage comme un art de vivre.
Le « réseau », kézako ?
Le réseau, c'est tout. C'est votre famille, ce sont vos amis, c'est votre médecin ou votre boulangère. Tout ces gens que vous rencontrez et avec qui vous échangez. Tous ceux qui peuvent vous donner une information, un tuyau, un boulot ou la simple possibilité de rencontrer une autre personne. Pas forcément dans l'instant, là, comme ça. Mais un jour, peut-être. On a tendance à entendre le réseau d'un point de vue « mercantile ». Or, il ne faut surtout pas confondre le réseau et le commercial. Dans un cas vous avez quelque chose à vendre, vous, votre « œuvre » ou un produit. Dans l'autre, vous êtes simplement ouvert sur les opportunités. Vous lancez des filets. Le réseau, c'est comme la marée : vous attendez calmement devant l'océan ce que la mer peut vous rapportez. Mais vous ne savez jamais quoi.
Vu comme ça, le réseau ne prend-il pas un côté « intéressé » ?
Pourquoi ? Parce que vous l'envisagez comme un mélange d'affect et d'intérêt ? C'est tout l'inverse. Le réseau, c'est être simple et remettre les relations à plat. On a tous besoin de quelque chose à un moment ou à un autre. Ce n'est pas un drame et ce n'est pas être quelqu'un d'intéressé. Il faut juste accepter d'être aidé, accepter de demander. L'essentiel est de positiver cette démarche et de prendre plaisir à rester ouvert aux autres, à envisager toute nouvelle rencontre comme une chance à part d'élargir ses connaissances. Le réseau, c'est juste se trouver des points communs. C'est aller vers les autres pour être sûr de ne passer à côté de personne.
Et pour les timides ?
La timidité est acceptable pour les enfants. Ensuite, elle n'est plus qu'un refuge pour se défosser d'un tas d'initiatives d'adulte. Si les gens se mettent dans la tête de sortir de leur timidité, ils y arrivent. Néanmoins, cela demande souvent de commencer par faire un travail sur la confiance en soi, de parvenir à se revaloriser à ses propres yeux. Mais quoi qu'il arrive, il n'y a pas de formation de base au réseau. Il suffit juste d'un déclic. D'un état d'esprit. Et tout le reste suit.
La rencontre semble primordiale dans votre conception du réseau. Que pensez-vous des réseaux sociaux virtuels ?
Internet est un outil magnifique... mais pas humain. Ces genres de « réseaux » fonctionnent très bien parce qu'ils vendent une illusion : grâce à eux, on a l'impression qu'on peut discuter avec la planète entière. Sauf que la planète entière, on s'en moque un peu. Et puis vu le temps que cela prend, cela ne sert pas à grand chose. Surtout si vous ne rencontrez pas les gens derrière. Mieux vaut s'occuper pleinement des gens qu'on connaît. Ce sont eux les premières pierres de nos réseaux.
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 26.04.09
Pour en savoir plus : « Cultivez efficacement vos réseaux », Marie-Jeanne Marti et Delphine Barrais. Edition ESF, 2007.
11:42 Publié dans Cadremploi.fr | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rubrique economique et social
05 février 2009
Quand le web fait surfer les emplois de la grande distribution
Auchan, Carrefour, Les Mousquetaires et même Monoprix... Ils s'y sont tous mis. Le cybermarché est venu peu à peu titiller le traditionnel hypermarché à coup de clics gagnants. Une nouvelle branche de la grande distribution qui révolutionne le secteur et décuple les possibilités d'embauche.
Fini le temps de l'arpentage de rayon sous la lumière blafarde des néons de supermarché. Aujourd'hui, le commerce est électronique ou n'est pas ! Enfin presque...
Depuis le début des années 2000, l'explosion des sites de vente en ligne a révolutionné le secteur de la grande distribution. D'abord l'attribution de « pure-players », tels que Opodo ou Amazon, dont l'activité était exclusivement tournée vers internet, le phénomène a été repris par les grandes marques du commerce traditionnel.
Plus de 10 000 sites marchands
Et pour cause... Selon la Fédération des entreprises de vente à distance (Fevad), le volume d'affaires du secteur est passé de 2,2 à 7 milliards d'euros entre 2002 et 2005. Un marché alléchant à ne pas laisser filer. Résultat : dans la seule année 2005, le nombre de sites marchands serait passé de 7500 à plus de 10 000.
12 % de poste en plus en 2008
Derrière cette conjoncture favorable, l'emploi des cadres de la distribution a lui aussi évolué. En 2007, toujours selon la Fevad, on ne recensait pas moins de 15 500 e-commerçants. Parmi eux, 30 % de cadres. Et ce n'est pas fini puisqu'en 2008, d'après une enquête réalisée par Benchmark Group, les créations de postes ont augmenté de 12 %. « On peut s'attendre a la même chose en 2009 », avance Pierre Cannet, fondateur du cabinet Blue-Search conseil, spécialisé en recrutement dans l'internet, la vente par correspondance et les nouvelles technologies.
De nouveaux métiers
Des postes créés. Des métiers aussi. Car le e-commerce a changé la donne y compris au sein des branches du secteur. Chef de rayon en ligne, web designer ou responsable référencement naturel sont désormais au cœur de la machinerie du e-commerce. « Les métiers de l'informatique, évidemment, sont devenus très importants, note Eric Le Strat, de Houra.fr, premier cybermarché français créé en 2000. Mais il a aussi fallu faire évoluer les méthodes des commerciaux ou les façons de penser le marketing. » Difficile en effet de vendre de la même manière l'image d'une boîte de haricots en ligne et la boîte de haricots elle-même manipulable et observable en magasin.
Plus informel le e-commerce
« Les codes eux aussi ont été modifiés, reprend Pierre Cannet, de Blue-Search Conseil. Le responsable de magasin qui arrivait à 7h pour inspecter ses rayons et ne repartait que tard le soir après avoir vérifié trois fois que tout tournait rond a fait son temps... Dans le e-commerce, on peut se permettre d'arriver plus tard le matin et de faire varier ses latitudes horaires. Les relations hiérarchiques, également, sont généralement plus informelles. »
Un secteur besogneux
Un coup de balais sur la poussière de l'étiquette dévalorisée de la grande distribution ? Alors que le secteur traditionnel peine toujours à attirer les cadres, le e-commerce pourrait-il venir redorer son blason ? « Pas vraiment, affirme Eric Le Strat, de Houra.fr. Le secteur est toujours difficile et besogneux, même sur les sites de vente en ligne. Et il reste mal payé. »
Mieux payés chez les pure-players
« C'est un peu l'erreur des enseignes de la grande distribution, confie Pierre Cannet. Elles ont voulu appliquer la même grille salariale à leurs employés en e-commerce, à l'inverse des pure-players qui, eux, ont compris que pour attirer les candidats il fallait adapter les salaires. » Si tout reste relatif d'un groupe à l'autre, le salaire de base d'un responsable marketing on line dans les groupes traditionnels de grande distribution serait de 10 à 20 % moins élevé que chez les pure-players.
Promotions rapides
Avantage supplémentaire pour l’e-commerce, les évolutions de carrière s'avèrent plus prometteuses en cybermarché qu'en hypermarché. « Les équipes sont plus réduites, les échelons moins nombreux à gravir, expose Eric Le Strat. Et on fonctionne beaucoup plus à la méritocratie. » Au moins une bonne raison pour tisser sa toile dans le e-commerce.
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 05.02.09
14:18 Publié dans Cadremploi.fr | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rubrique economique et social
22 janvier 2009
Ces littéraires qui réussissent en entreprise
Ignorés et sous-payés par les entreprises qui recrutent bien souvent via réseaux d'anciens, les littéraires possèdent cependant un atout indéniable : leur capacité de rebond. Bûcheurs par essence, ils cumulent de nombreuses qualités : capacité de concentration, esprit de synthèse, rigueur... ce qui décuple leur faculté d'adaptation. Tout n'est pas rose pour autant et nombreux sont ceux qui galèrent pour travailler en dehors de l'enseignement. Toutefois, certains y parviennent. Et ne changeraient rien à leur parcours.
Littéraire et cadre : où est le problème ?
Décriées, les Lettres modernes, malmenées, les Sciences humaines, remisées, les études de psycho, de socio et de philo... Il ne fait pas toujours bon être « littéraire » sur les rivages de l'emploi. Pourtant, il n'est plus si rare d'en croiser à tous les niveaux de l'entreprise.
« Tu veux devenir prof, toi ? » Cette question, Chloé n'ose même pas compter combien de fois elle l'a entendue au début de ses études. Diplômée d'un ancien bac A1 (math-littérature), passée par hypokhâgne et khâgne, cette « tronche » a galéré quelques années avant de décrocher son premier contrat. Car, non, elle ne voulait pas devenir prof.
Rigueur et adaptabilité
Elle travaille aujourd'hui dans une grande entreprise bancaire, en tant que responsable marketing. Et ne regrette rien de son parcours. « Mon cursus, aussi atypique soit-il, m'a apporté bien plus qu'une formation linéaire au marketing. Une bonne orthographe, certes, une bonne culture générale, évidemment, mais également une rigueur et une adaptabilité qui font aujourd'hui ma force sur le marché du travail. »
Stratégies personnelles d'emploi
Comme Chloé, bon nombre de « littéraires », autrefois « condamnés » aux concours de l'enseignement ou de la fonction publique, trouvent désormais leur place dans toutes les strates de l'entreprise. « Les jeunes qui suivent ce type d'études sont conscients du fait qu'elles n'ont pas une finalité immédiate, explique Christian Darantière, de l'Association pour faciliter l'insertion professionnelle des jeunes diplômés (AFIJ). Ils mettent donc très vite en place des stratégies personnelles d'emploi. »
Opération Phénix
La première d'entre elle : la formation complémentaire professionnalisante. « Nombreux sont ceux qui reprennent une formation courte pour obtenir le petit plus de compétences techniques nécessaires à l'entreprise », poursuit Christian Darantière. C'est aussi ce que propose la très médiatique opération Phénix.
La diversité des profils, une richesse d'entreprise
Depuis 2007, cette initiative engagée par la société PricewaterhouseCoopers a permis à 70 étudiants de master de recherche en Littérature, Histoire, Géographie ou Philosophie (entre autres !) de décrocher des CDI à des postes de gestionnaires de grandes entreprises. « L'intention initiale de cette action, décrypte Jean-François Lochet, correspondant de l'opération Phénix à Paris I, était de copier le modèle anglo-saxon qui fait de la diversité des profils une richesse dans la société. » Et de rappeler aux responsables de ressources humaines que les capacités d'analyse développées par les « Humanités » peuvent être un plus pour le développement de stratégies d'entreprise.
La valeur diplôme
« Mais il ne faut pas croire que nos étudiants ont attendu ce type d'actions pour investir le monde entrepreneurial, reprend Jean-François Lochet. Cette idée de fabrique à chômeurs qu'est l'université est fausse et non-justifiée. » En France, la valeur diplôme reste la meilleure clé pour ouvrir les portes de l'emploi. Et plus le niveau d'études est élevé, moins la précarité est grande : les titulaires d'un bac + 5 seraient quatre fois plus nombreux à décrocher un poste de cadre dans les trois ans qui suivent leur sortie d'études que les bac + 3.
Précarité plus longue
C'est ce que révèle l'observation de la génération des diplômés de 2004 établie par le Centre d'études et de recherche sur les qualifications (Cereq). Cependant, toujours d'après le Cereq, ces conditions d'insertion restent très variables pour les littéraires. 13 % de ceux issus des filières Lettres et Sciences humaines sont encore au chômage trois ans après leur sortie d'études. Ils ne sont que 5 % pour les licenciés de Maths, Sciences et techniques.
Premiers touchés en temps de crise
« Et en temps de crise, annonce Christian Darantière, ce sont eux qui vont le plus souffrir, car les entreprises ont du mal à embaucher des gens qui n'ont pas une rentabilité immédiate. » Pour ce responsable de l'Afij, la grosse lacune des filières littéraires, c'est qu'elles ne proposent que rarement des stages en entreprise. « Ils manquent donc aux étudiants un certain nombre de mécanismes pour comprendre le fonctionnement de l'entreprise. »
Jobs alimentaires
Un jugement modéré par Jean-François Lochet, de Paris I : « 86 % des étudiants occupent ou ont occupé un emploi pendant leur cursus universitaire. Ils savent ce qu'est le monde du travail. » Reste que ces emplois ne sont souvent que des jobs alimentaires, difficiles à faire valoir sur un cv pour candidater à un poste de cadre.
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 22.01.09
Webmaster après une maîtrise d'Histoire contemporaine
C'est par passion que Benoît Graisset-Recco a toujours fait ses choix et ses orientations. Par passion et grâce à une grande force de travail acquise pendant ses études. Après un bac scientifique et une maîtrise d'histoire, Benoît Graisset-Recco est aujourd'hui, à 37 ans, un webmaster aguerri.
Il a du mal à se souvenir de tous les détails de son parcours universitaire. Mais Benoît Graisset-Recco se rappelle très bien qu'il a toujours fait ses choix par passion. « Après un bac scientifique, j'ai suivi mon goût personnel pour l'histoire et je me suis inscrit à Paris I-Sorbonne. » A l'époque, l'étudiant n'a pas encore de projet professionnel défini. « Je me suis inscrit au Capes pour devenir prof, mais c'était sans trop avoir réfléchi à la question. »
Des débuts en indépendant
C'est pourtant cette année de préparation aux concours de l'enseignement qui lui sera décisive. « Au cours de l'année, j'ai commencé à m'intéresser à internet. Très vite, j'ai trouvé ça passionnant ! » A peine son cursus terminé, Benoît s'installe en tant que webmaster indépendant. Associé à deux amis, il crée des sites web au moment où la demande est de plus en plus forte. Le bon filon pour s'introduire dans un milieu quand on n'a pas le profil...
« Je restais potasser jusqu'à minuit »
« Après deux ans en tant qu'indépendant, je me suis suis dit que j'avais les bases pour postuler dans une entreprise. » Il devient alors administrateur informatique du réseau national des Auberges de jeunesse. « C'est là que, pendant quatre ans, je me suis réellement formé. Après ma journée de travail, je restais potasser jusqu'à minuit pour vraiment progresser dans ce que je faisais. »
Enseignant dans une école d'informatique
Les progrès sont rapides et le jeune autodidacte devient enseignant à l’Hétic, une école supérieure d'informatique et de multimédia. « Ca a duré deux ans. J'étais également administrateur de leurs systèmes informatiques... Avant de changer à nouveau d'employeur. » Depuis quatre ans, désormais, il a gagné ses galons de chef de projet chez Anakrys, petite SSII spécialisée dans la création de sites internet.
Des qualités qui deviennent des atouts
« Si mon parcours étonne les gens, confesse Benoît, je ne pense pas qu'il les dérange. Une fois qu'ils sont rassurés sur mes compétences en informatique, ils l'oublient très vite. »
Lui, à l'inverse, n'oublie pas ses acquis. « Je ne peux pas dire que le contenu de mes cours d'histoire me soit encore utile aujourd'hui. Mais les qualités qu'on doit mettre en œuvre en tant qu'étudiant dans des filières littéraires deviennent de vrais atouts dans le monde du travail. »
Rigueur, autonomie, esprit de synthèse, aptitude à bâtir un plan de dissertation comme un plan de travail... « Pour moi, rien de ce que j'ai fait aujourd'hui n'aurait été réalisable sans ces réflexes acquis au cours de mes études ! »
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 22.01.09
"Avec mon master en psychopathologie, je suis aujourd'hui consultant international RH"
A 23 ans, Maxime-Louis Régis parcourt la planète pour recruter les salariés d'un grand groupe oléoduc. Il se destinait pourtant à devenir psychologue clinicien. Un changement de cap engagé pour éviter la précarité. Et pour élargir ses horizons.
Son rêve à lui, c'était de travailler auprès de malades mentaux. Sa réalité : voyager aux quatre coins de la planète pour recruter du personnel pour un grand groupe oléoduc. « Dès le début de mes études, je me suis spécialisé en pédo-psychiatrie et gériatrie, explique Maxime-Louis. Mais pour financer la fac, j'ai trouvé un job dans une grande entreprise. »
Un Master et de l'expérience
En fait de petit boulot d'étudiant, le jeune homme commence à travailler dans les ressources humaines d'un grand groupe de conseils en management et services informatiques. De CDD en CDD, il finit par y être embauché en CDI, trois jours par semaine... et par prendre de plus en plus de responsabilités. « A la fin de mes études, j'avais donc un Master en psychopathologie de l'enfance et trois d'expériences dans les RH... Pour trouver rapidement un travail, le choix a été vite fait. »
Un jour au Congo, l'autre en Iran
A 23 ans, Maxime-Louis est donc aujourd'hui consultant international en ressources humaines dans un groupe comptant près de 30 000 salariés. Le mois dernier, il était au Congo pour élaborer des tests de recrutement et rencontrer près de 120 candidats. Même chose dans quelques semaines au Kazakhstan, puis en Iran. « Si j'étais resté à un poste de clinicien, je serais sans doute encore à temps partiel, payé au lance-pierre, dans une structure de la grande banlieue parisienne... Après cinq ans à galérer dans mes études, je n'avais plus envie de cette précarité. »
Un petit plus sur les collègues
Pour autant, Maxime-Louis ne regrette rien de son cursus : « Mes études me donnent un petit plus sur mes collègues puisque je suis capable de diagnostiquer très facilement un problème chez un candidat. » Une névrose maladive ou une psychose trop prononcée... Les cas sont rares, mais sont tout de suite analysés par ce professionnel. Même chose pour les personnalités de ces collègues. « Je repère tout de suite qui réagit comment dans l'entreprise. Ca me permet de m'adapter très vite dans une équipe. »
Retour en cliniques
Pragmatique, le jeune homme ne doute pas de la plus-value que lui apportera en retour, cette expérience en entreprise. « Je sais qu'il n'est pas évident d'évoluer énormément dans un grand groupe quand on a un profil un peu atypique. Mon souhait serait donc de retourner vers des cliniques psychiatriques. » Qui, elles aussi, ont besoin de spécialistes en ressources humaines.
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 22.01.09
Titulaire d'un Deug de Lettres et PDG d'une SSII
Il avait choisi la voie royale pour l'enseignement. A 37 ans, Abdelaziz Sali est aujourd'hui dirigeant de Nouveli, une SSII qu'il a lui-même fondée. « Je voulais devenir prof de français depuis longtemps. Mais un « accident de parcours » m'a fait changer d'avis. » D'avis et d'avenir.
Inscrit à la fac de Lettres de Paris-Tolbiac, Abdelaziz Sali est en deuxième année quand un ami lui propose de le rejoindre dans une drôle d'aventure. « Il venait de créer une boîte d'édition de logiciels de gestion pour les cliniques vétérinaires. Je n'y connaissais rien en clinique vétérinaire et encore moins en informatique. Mais il a réussi à me convaincre que c'était là, l'avenir. »
Tout appris sur le tas
A deux dans cette nouvelle société, Abdelaziz Sali apprend tout sur le tas. « C'était vraiment passionnant de découvrir quelque chose de totalement différent. » En cinq ans, il obtient une expérience suffisante pour rejoindre une SSII parisienne. « Mon parcours atypique les a intéressé. Ma formation de Lettres, notamment, m'a catégorisé dans les services « avant-vente ». On s'est tout de suite dit que mes qualités rédactionnelles pourraient servir pour l'élaboration des discours commerciaux. »
Plus d'efforts pour faire ses preuves
Pas de problème à l'embauche, donc, mais quelques mois pour faire sa place dans cette nouvelle structure : « Au début, on s'adressait à moi comme à un petit jeune. Je pense qu'il a fallut que je fasse encore plus mes preuves pour montrer que, moi aussi, je savais ce qu'était un logiciel. »
Créateur d'entreprise
Devenu « Business consultant », c'est pourtant lui, le littéraire, qui interviendra chez les clients de la société pour les épauler sur les outils informatiques. C'est lui aussi qui, quelques années plus tard, soutenu par son chef, créera son « cabinet d'experts en formation et commercialisation de solutions logicielles ». Nouveli, 53 collaborateurs et 3,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2008. Une petite réussite.
Le diplôme est secondaire
Et pas question pour Abdelaziz Sali de revenir sur son parcours. « En plus des qualités rédactionnelles, ma formation littéraire m'a offert une certaine culture. Or, quand vous êtes avec un client, c'est parfois bien de parler d'autres choses que du dernier microprocesseur ! »
Désormais en position de recruteur, il ne se ferme donc à aucun profil. « Le diplôme m'importe peu. D'autant moins, d'ailleurs, que je dois être le moins diplômé de mon entreprise. » Compte avant tout l'engouement d'un candidat et son envie d'apprendre. « Pour moi, un diplôme n'est qu'une carte de visite. Or, une personne est forcément plus intéressante que sa carte de visite. »
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 22.01.09
15:50 Publié dans Cadremploi.fr | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rubrique economique et social
13 janvier 2009
Au coeur des tabous en entreprise
Que savez-vous au juste de votre collègue d’en face ? Peut-être vient-il d’obtenir une prime record tout simplement parce qu’il est plus beau que vous. Peut-être est-il en pleine dépression. Ou encore, peut-être cache-t-il son homosexualité depuis des années de peur d’être viré… Une entreprise, c’est un peu comme un iceberg. La face visible et lisse cache bien souvent une réalité plus froide. Injustices salariales, placardisation, aventures sentimentales, surmenage, homophobie… Cadremploi plonge pour vous au coeur des tabous de l’entreprise et donne la parole à ceux qui les subissent au quotidien.
Dossier réalisé par Sébatien Tranchant et Tiphaine Réto © Cadremploi.fr
Mieux vaut être grand et beau que petit et moche pour réussir
Vous avez été embauché en même temps qu’Arnaud, un collègue de bureau grand et sportif. Vous ne le savez pas encore mais, dans 10 ans, il gagnera plus que vous et aura davantage de responsabilités tout simplement parce qu’il est plus beau que vous...
C’est malheureusement vrai… Déjà en 1994, une étude américaine avait mis en lumière cette injuste réalité. Selon l’American Economic Association, le salaire des hommes et femmes ayant un physique avantageux est de 5 à 10 % supérieurs à celui de leurs collègues. Dans un autre registre, un article très sérieux publié en 2003 dans la revue de l’Insee « Economie et statistique » indique sans détour que « la taille élevée est un atout économique. » « A diplôme constant, les hommes de taille élevée font une meilleure carrière professionnelle car leur sont confiées davantage de responsabilités d’encadrement », écrit Nicolas Herpin, l’auteur de l’article. Preuve troublante : la taille moyenne des cadres supérieurs et professions libérales (177,6 cm), soit 3,2 cm de plus que les ouvriers.
Préjugés inconscients
Dans l’entreprise, la grande taille est clairement une variable favorable à l’avancement. « La grande taille donne la capacité à se faire entendre ou à se faire obéir, indique l’Insee. […] Plus souvent que les petits et les moyens, les grands représentent leur entreprise à l’extérieur et sont en contact personnel avec la hiérarchie. » D'autres réserves sur le physique relèvent ainsi de l’implicite. « Comme tout le monde, je me doute que mon inconscient guide certains de mes choix » , reconnaît une responsable de recrutement en soustraitance industrielle. L’un des préjugés les plus répandus sur les personnes en surcharge pondérale porte sur leur supposé manque de dynamisme. « Je leur conseille de se présenter le plus naturellement possible, de montrer leur joie de vivre, encourage le recruteuse. Ainsi, le recruteur est mis en porte-à-faux par rapport à ses propres réserves. »
Valoriser les compétences
Avec un physique ingrat, l’accès à l’emploi peut également s’avérer plus compliqué. En septembre 2005, l’Observatoire des discriminations de l’université Paris I a publié les résultats d’un testing confirmant les préjugés à l’égard des personnes obèses. Sur un panel de 200 offres d’emploi, les résultats se sont avérés accablants pour les entreprises. En substance, les candidats obèses décrochent 1) deux fois moins d’entretiens ; 2) ils ont trois fois moins de réponses positives pour un poste de commercial ; 3) ils reçoivent 24 % de réponses positives en moins pour un job de télévendeur. Pour Jean-François Amadieu, directeur de l’Observatoire des discriminations, les moyens les plus efficaces pour lutter contre ces phénomènes seraient, par exemple, de « généraliser le CV sans photo et les techniques d'appréciation par simulation (assessment center) comme cela se fait déjà dans beaucoup de pays étrangers. Les recruteurs français doivent d’urgence faire évoluer leur grille de recrutement et valoriser davantage les compétences des candidats.»
Amour au boulot, pas toujours la bonne affaire
Dans une boîte, on bosse avec ses collègues, et plus si affinités. Un Européen sur deux aurait vécu une histoire d’amour au boulot, mais toutes ne se sont pas conclues par un mariage… Cœurs d’artichaut et cavaleurs ne font pas toujours bon ménage dans l’entreprise.
« Je m'étais toujours dit : pas d'histoire d'amour au travail. » Une promesse pas si facile à tenir. Depuis un an, Nathalie* entretient une aventure tumultueuse avec l'un de ses collègues. Leur relation est d'abord restée totalement platonique pendant plusieurs années. « On ne travaille pas dans le même service, ni dans la même ville, mais on s'est rencontré en planchant sur le même sujet. A partir de là, nous avons continué à nous échanger des mails très régulièrement. » D'abord pour parler boulot.
L'amoureux transi était déjà marié
Ensuite, peu à peu, pour évoquer leur vie privée. « On est devenus assez proches. Lui devenait de plus en plus pressant pour qu'on se rencontre. Je savais très bien ce qu'il cherchait. Mais moi je ne voulais pas tomber dans ce drôle de plan. » Principale réticence : l'amoureux transi est déjà marié. « Hors de question, pour moi, de devenir la maîtresse de quelqu'un ! Et surtout pas celle d'un collègue. » Nathalie finira pourtant par céder.
L'effet pygmalion ?
« En y réfléchissant, je crois qu'il s'est servi du fait que l'on travaille dans la même boîte pour me draguer et me faire fléchir. » Un atout pour la jeune femme qui trouve dans ce partage d'intérêts, un palliatif à la difficulté de sa situation. « Il m'épaule, me conseille et m'encourage dans ma carrière. C'est un peu comme s'il compensait, puisqu'à côté de ça, il ne peut absolument pas s'engager d'un point de vue affectif. »
Un Européen sur deux a eu une relation amoureuse au travail
Car les relations au bureau n'encouragent pas la stabilité. Si en 2002, un Européen sur deux avait une relation amoureuse au travail, peu d'entre eux ont réussi à porter cette idylle jusque devant monsieur le Maire. « Le plus douloureux, c'est d'être obligés de sans cesse se cacher, reconnaît Nathalie. J'ai tellement peur de nuire à sa carrière et à sa vie professionnelle que je vis sans cesse dans l'ombre. »
Ragots, jalousies et autres joyeusetés
A fortiori en cas d'adultère, les aventures amoureuses avec un ou une collègue demeurent souvent dans l'ombre. Peur des ragots, bien sûr, des jalousies mais aussi des soupçons d'inefficacité de la part de ses supérieurs. Car une liaison découverte fait souvent se bousculer vie privée et vie professionnelle, tout au moins dans l'esprit de certains de vos collaborateurs. A tel point qu'au Japon mais aussi dans certaines multinationales implantées en France, les aventures au boulot sont interdites, sous peine de licenciement.
* Le prénom a été changé.
C'est à qui le tour... d'aller au placard ?
Un jour ou l’autre, ça peut vous tomber dessus sans crier gare. Votre responsable oublie tout d’abord de vous convier à une réunion, puis ne vous donne plus de travail, enfin vous ignore totalement. Vous pensez pouvoir vous extirper de ce mauvais rêve. Perdu : vous êtes au placard ! Témoignage de Tanguy, ex-placardisé.
L'expérience est encore éprouvante à raconter. Quand, deux semaines après l'avoir recruté, le responsable de Tanguy est muté à un autre poste, commence pour l'ancien journaliste de la Croix Rouge un véritable calvaire. « Je n'ai pas tout de suite compris ce qui se passait », explique Tanguy.
« J’étais plus encadré qu’un stagiaire »
Etape numéro un : l'une de ses collègues, avec qui Tanguy entretenait des relations cordiales jusque-là, change d'attitude. Plus de bonjour, plus de discussion, plus aucun échange. « Je n'ai jamais su ce qui s'était passé. Du jour au lendemain, elle m'a reproché un comportement agressif et froid. » Petit à petit, la jeune femme monte sournoisement ses supérieurs contre son collègue. « On regardait tout ce que je faisais à la loupe. J'étais plus encadré que les stagiaires. Puis on m'a donné de moins en moins de travail. Tout se faisait sans moi. Je n'existais plus. » Dans le service, tout le monde lui tourne le dos. « Ailleurs dans l'entreprise, certains m'ont soutenu. Mais ils ne m'ont jamais défendu. On ne défend pas quelqu'un qui est au placard. »
Silence, souffrance et isolement
Le mot est lâché : le placard. Rarement doré, toujours douloureux. « Le silence qui entoure le phénomène de placardisation renforce la souffrance de l'isolement », explique Dominique Lhuilier, maître de conférences en psychologie sociale à l'université Paris VII et auteur de « Placardisés, des exclus dans l'entreprise ». Rares sont les collègues au courant, soit parce que le placardisé a honte de sa situation et tente de la cacher, soit parce que son entourage professionnel préfère ne pas savoir pour éviter toutes représailles. « Et puis il y a aussi l'idée que si une personne est au placard, c'est forcément qu'elle l'a mérité. »
Moyen de pression
Tous les experts le disent : sans pouvoir être chiffré, le phénomène augmente, devenant une part intégrante du management de l'entreprise. Les victimes sont toujours plus nombreuses et plus diversifiées : les réorganisations internes gérées parfois dans l’urgence, les conséquences d’un management « de sanction » ou encore le manque de courage à licencier quand c’est nécessaire, toutes ces situations génèrent leur lot de placardisations.
Contrairement aux idées reçues, c'est dans le privé que le turn-over dans le placard est le plus important. Les salariés des grandes entreprises sont sans doute plus concernés, mais du cadre supérieur au personnel exécutant, tout le monde peut être touché. Les hommes sont un peu plus nombreux que les femmes et la durée du placard est plus longue avec l'âge. « Les jeunes arrivent plus facilement à chercher un autre poste ailleurs, poursuit Dominique Lhuillier. Mais dans tous les cas, plus longtemps on reste au placard, plus on a de mal à en sortir. Le piège est mortifère. »
L'entreprise, pas très "gay friendly"
Question : de quoi parle-t-on entre collègues à la pause café ? Du boulot, du dernier week-end, des projets de vacances, mais aussi de sa vie privée. Un thème qui met mal à l’aise quand on bosse dans une entreprise pas très gay friendly.
« Aujourd'hui, il est plus facile de faire son coming-out en famille qu'au travail. » Philippe Chauliaguet est porte-parole du collectif Homoboulot. Un collectif créé en 2001 pour fédérer la dizaine d'associations qui luttent contre « le dernier rempart de la sortie du placard » des personnes homosexuelles. En 2006, un sondage réalisé par L'Autre Cercle révélait que 42 % des répondants taisaient leur orientation sexuelle. 66 % d'entre eux le faisaient par peur des représailles.
88 % de victimes ou témoins d'actes homophobes
Insultes, moqueries, agressions physiques ou ruptures abusives de contrat, les pressions sont nombreuses dans l'univers impitoyable de l'entreprise. D'après un rapport effectué par la Halde en 2007, 88 % des salariés lesbiens et gays ont déjà été victimes et/ou témoins d'actes homophobes dans leur vie professionnelle. Et ce malgré les lois promulguées en 2004 pour établir l'homophobie comme un délit. « Ce n'est pas de sanctions dont on a besoin, mais de prévention, explique Philippe Chauliaguet. C'est la seule manière de faire évoluer la société. »
« Du jour au lendemain, tout a changé »
« Lorsqu'une de mes collègues a découvert mon homosexualité, raconte Anthony, tout a changé dans mon travail. Du jour au lendemain, je sentais les regards se poser sur moi, les discussions changeaient bizarrement quand je m'approchais de la cafétéria. Et puis, un jour, mon supérieur m'a convoqué pour me dire que « malgré mon travail », je n'avais pas été retenu pour le poste de manager. »
Un plafond de verre
Difficile bien sûr d'évoquer la discrimination lorqu'aucun mot n'est réellement prononcé. « Pourtant, il existe un véritable plafond de verre dans l'avancement de carrière des salariés homosexuels, reprend Philippe Chauliaguet. D'abord parce qu'instinctivement, on donne des responsabilités à quelqu'un qui nous ressemble. Ensuite, parce que beaucoup d'homos freinent eux-mêmes leurs carrières pour ne pas exposer leur vie privée. »
La vie privée a fait irruption dans l'entreprise
Le silence est donc la première défense. Mais c'est aussi la première souffrance. « Du non-dit au mensonge, la frontière est vite franchie, continue Philippe Chauliaguet. Certains préfèrent s'inventer une hétérosexualité pour ne pas être mis à l'écart. »
Du récit de week-end en famille près de la machine à café aux photos des enfants exposées en fond d'écran, la vie privée a depuis longtemps fait irruption dans le monde de l'entreprise. « Et ne pas en parler, c'est bien souvent se couper du monde et passer pour quelqu'un de froid et d'introverti », affirme Anthony. C'est aussi s'interdire certains avantages, comme la mutuelle étendue aux conjoints ou les congés pour le Pacs.
Surmenage, harcèlement moral, suicides : nous sommes tous concernés
Quand on travaille entre 10 et 12 heures par jour sous pression, il n'est pas rare que tout se dérègle. Le mal-être au boulot, on en parle de plus en plus mais souvent à demi-mots. Pour Dominique Huez, médecin du travail, le travail serait à l’origine de 3 000 suicides par an. Inquiétant.
Au Royaume-Uni, on parle de « burn out » et au Japon de « karoshi ». Alors que dans d’autres pays on reconnaît le phénomène d’« autodestruction par le travail », en France la gêne est palpable quand on évoque le sujet. Pourtant, régulièrement, cette question de la mort au travail revient à la Une de l’actualité. Quand le constructeur Renault a été confronté à partir d’octobre 2007 a une vague de suicides dans son Technocentre de Guyancourt (Yvelines), une fois de plus, ces faits divers en série faisaient les gros titres. Or, c’est tous les jours qu’on souffre au travail, comme l’expliquait dès 1998 Marie-France Hirigoyen dans son livre remarqué « Le harcèlement moral : la violence perverse au quotidien », vendu depuis à 450 000 exemplaires.
Les politiques trop frileux
En mars dernier, deux scientifiques, Philippe Nasse et Patrick Légeron, ont remis au ministre Xavier Bertrand un rapport sur le sujet. Un travail à « l’approche encore trop restrictive, le rapport estimant que ‘suicide au travail ne veut pas dire systématiquement suicide lié au travail’, écrivait à l’époque le journal Le Monde. Or les spécialistes savent que le lieu où l’on se donne la mort n’est jamais anodin. »
3000 morts par an
Dans un livre publié récemment aux Editions Privé, Dominique Huez, médecin du travail depuis 25 ans à la centrale nucléaire de Chinon, revient sur ce sujet de la souffrance au boulot. « J’estime que le travail est un élément déclencheur dans 25 à 50 % des cas de suicides. Ce qui m’amène à penser que le travail ferait directement ou indirectement 3000 morts par an », déclare-t-il. La faute « à une rigidification de l’organisation du travail et à un management du zéro défaut pour lequel seul les résultats comptent », selon le médecin.
Les cadres se suicident moins
A ce jour, toutes les études réalisées sur le sujet arrivent peu ou prou à la même conclusion : si le suicide touche toutes les catégories de travailleurs, les ouvriers et employés se donnent près de trois fois plus la mort que les cadres.
Tiphaine Réto et Sébastien Tranchant © Cadremploi.fr - Publié le 12.01.09
17:34 Publié dans Cadremploi.fr | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rubrique economique et social
15 décembre 2008
L'orthographe, la nouvelle lacune des cadres ?
C'est un participe passé qu'on ne sait plus trop accorder ou un invariable qu'on a encore oublié... Dans nos mails et dans nos lettres, les règles orthographiques ont souvent la vie dure. Une baisse de niveau dans la caste des cadres ? Pas forcément, rassure Bernard Fripiat, coach en orthographe.
Au vu du succès remporté par les coachs en orthographe, peut-on dire que les cadres font de plus en plus de fautes ?
« C'est surtout que, auparavant, leurs fautes se voyaient moins. Les changements technologiques ont induit des petites catastrophes orthographiques. Pas à cause du langage SMS, soi-disant ravageur : la moyenne d'âge dans mes stages est de cinquante ans... Mais il y a encore quelques années, les dirigeants dictaient leur courrier à une assistante et n'avaient donc pas à montrer leurs qualités ou défauts orthographiques. Avec l'Internet, les échanges se font plus directs et plus immédiats. Fini le temps où la lettre était relue avant la levée du courrier de 16 heures. Aujourd'hui, la réactivité demandée à tous nuit à l'étape essentielle de la relecture. Sans parler de la fatigue visuelle causée par les écrans d'ordinateur... Si vous observez bien, les problèmes orthographiques sont beaucoup plus récurrents en fin de journée ! »
Mais les fautes observées témoignent-elles de vraies carences orthographique ?
« Quand on parle de « stages d'orthographe », les gens pensent souvent qu'on apprend à conjuguer le verbe « être ». En réalité, la plupart de mes stagiaires font essentiellement des fautes d'inattention. Et puis, on peut être bon en orthographe et ne pas savoir que « aucuns frais » prend un « s » ou avoir des doutes sur l'accord de « ils se sont vus et parlé »... Mais, en France, on met une réelle pression sur le niveau en langue. Dans les entreprises, l'orthographe est une arme redoutable. Certains s’en servent pour harceler les autres. Quant aux lettres de motivation bourrées de fautes, les recruteurs les utilisent comme critère éliminatoire. Vous donnez l’impression d’avoir bâclé le travail, c'est comme si vous envoyiez une lettre sur du papier chiffonné.
D'où vient cette pression persistante sur l'orthographe ?
« J'aurais tendance à dire que c'est purement culturel : nous vivons dans une République des Lettres. Regardez nos dirigeants. Ils ont tous écrit au moins un livre ! On ne demande pourtant pas à Poutine ou à Bush s'ils ont déjà fait de la littérature... En France, être mauvais en maths est presque une question de snobisme, mais avouer qu'on a des problèmes d'orthographe est perçu comme une honte, une tare. Le premier PDG que j'ai coaché m'a fait signer cinq pages de clauses de confidentialité... Pourtant, la plupart des cadres n'ont pas fait d'études de lettres : c'est normal de ne pas pouvoir maîtriser sur le bout des doigts toutes les subtilités orthographiques... Il faut dédramatiser. »
Et comment faire pour « dédramatiser » ?
« D'abord bien se dire qu'il existe des gens très intelligents qui font énormément de fautes et des imbéciles qui n'en font jamais. Ceci dit, il ne faut pas s'inquiéter : étudier l'orthographe ne perturbera jamais les capacités intellectuelles de quelqu'un... Il existe quelques moyens mnémotechniques bien meilleurs que les correcteurs orthographiques. Une fois qu'on les connaît, on n'a plus peur de rien. Et puis, on ne le répétera jamais assez, quand on prend le temps de se relire, on voit très généralement ses propres fautes. On s'aperçoit alors qu'elles ne sont pas une fatalité et qu'on peut très facilement y parer. »
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 15.12.08
Les cinq erreurs qui tuent...
Au-delà de la simple faute d'inattention, les mêmes coquilles se cachent régulièrement dans les copies des cadres. De l'invariable traître au petit truc pour contourner les difficultés... petite leçon d'orthographe improvisée pour corriger les tout premiers mails de la journée.
« Leur » ou « leurs » ? Remettons les pendules à l'heure
« C'est une faute récurrente, explique Bernard Fripiat. Dans « mes parents leur parlent », on a souvent tendance à penser que « leur » représentant plusieurs personnes doit s'affubler d'un pluriel. Mais « leur » est déjà un pluriel ! Le petit truc ? Remplacer par « lui »... qui, lui, est au singulier. »
Les adverbes en « -ment », pas si dément
Abondamment et régulièrement... « On hésite souvent sur le doublement du « m » des adverbes en « -ment ». Un bon moyen pour sortir du doute : il y a deux « m » lorsqu'ils sont précédés du son « a ». » Quant à savoir si le son se transforme en lettre, c'est une autre histoire ! « Habituellement, lorsqu'on prend le mot le plus proche, on conserve son orthographe. » Un « a » dans « abondamment », tiré d' « abondance » et un « e » dans « évidemment », qui vient d'une « évidence ».
« Au vu » ou « en vue »
Les invariables qui font mal. « La locution « au vu » signifie « à la connaissance de » et est toujours invariable. On a pourtant souvent tendance à vouloir l'accorder lorsqu'elle est suivie d'un féminin ou d'un pluriel... Et bien non ! Même erreur à éviter pour « en vue », qui veut dire « nous allons bientôt voir quelque chose ». Il n'y a qu'une chose à faire : retenir. « Au vu des décisions du conseil » et « nous sommes en vue d'une solution ». »
« Aucuns frais »
« Sur une dictée, on peut être surs que 95 % des gens font la faute... voire vous corrige si vous l'écrivez correctement. Pourtant, « aucuns » prend bien un « s » devant « frais ». « Aucun » s'accorde toujours avec le mot qui suit. Par définition, ce mot se met toujours au singulier... Mais lorsqu'il ne possède pas de singulier, comme « frais », « aucun » s'accorde au pluriel. » La seule chance de s’en sortir pour les réticents ? « « Aucuns frais » est de moins en moins utilisé dans le monde des affaires... »
Des vestes orange mais des pulls fauves
« Les adjectifs de couleurs sont un grand classique des hésitations orthographiques. Et pour cause. Les règles sont compliquées... On dit que lorsqu'un nom est utilisé pour désigner une couleur il est invariable (« des vestes orange ») Mais il y a forcément plein d'exceptions pour venir nous embrouiller : « des pulls fauves ou des tables roses ». On peut évidemment apprendre les règles par cœur... Mais en cas de panique, le truc est tout simple : qualifiez la couleur ! « Des dossiers jaune foncé et des habits rouge vif »... Lorsque nous utilisons deux mots pour désigner une couleur, les deux sont invariables ! » C'est plus clair ?
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 15.12.08
11:03 Publié dans Cadremploi.fr | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rubrique economique et social
12 décembre 2008
L'art et la manière de truquer son CV
Un peu de gonflette sur le CV, ne dites pas que ça ne vous est jamais arrivé... Les recruteurs ne sont pas dupes. En France, 75 % des DRH estimeraient que les candidats mentent sur leur niveau de formation et de compétences. Ce qui ne les empêche pas de recruter. Inventaire des tricheries repérées mais tolérées à certaines conditions...
Ils seraient 76 % des commerciaux, 35 % des techniciens et 28 % des administratifs à « truquer » leur CV. C'est en tous cas le résultat d'une étude réalisée par Florian Mantione Institut auprès de 1000 candidats. « Mais il y a fraude et fraude », prévient Florian Mantione.
Toucher l'emballage, jamais le cadeau
Car si le truandage est dangereux, l'embellissement subtil reste tolérable pour bon nombre de recruteurs. « On peut même apprécier l'habileté d'un candidat à enjoliver son parcours, reconnaît le spécialiste. Le curriculum est comme un cadeau. C'est très bien de vouloir améliorer l'emballage... Mais attention ! Si vous touchez au cadeau lui-même, ça devient inadmissible. »
« Imbécile et irresponsable »
Un avis que partage Hymane Ben Aoun, fondatrice du cabinet Aravati France et membre du Syntec-Recrutement. Elle reconnaît faire la différence entre « un CV rationnalisé et un CV truqué » : « Allonger la durée d'un poste pour masquer un trou dans un CV, je peux le comprendre, mais s'inventer une expérience ou s'attribuer un diplôme, c'est aussi imbécile qu'irresponsable. D'autant plus qu'aujourd'hui, il est très facile de vérifier un CV. »
« Mon cv est un projet »
De l'art, donc, de savoir se présenter en pipant les dés sans tricher. Rudolf, 29 ans, en est un habitué décomplexé : « Je prends mon CV comme un projet. En plus de mes compétences réelles, on y retrouve toutes celles que j'aimerais acquérir. » Pas question pour autant de s'envisager commercial trilingue quand on est un informaticien allergique à l'anglais. « Il y a certaines choses sur lesquelles on peut se faire avoir tout de suite. Les langues, notamment, peuvent être testées dès l'entretien. »
Mettre les bouchées doubles pour masquer la ruse
Même chose pour le diplôme dont une copie vous est très régulièrement demandée avant toute embauche définitive. « En revanche, reprend Rudolf, il m'arrive fréquemment de dire que je maîtrise tel ou tel logiciel que je ne connais pas vraiment. Charge à moi, ensuite, de mettre les bouchées doubles, de travailler chez moi le soir s'il le faut, pour réellement le maîtriser à temps. » 40 % des recruteurs, selon l'étude du Florian Mantione Institut, auraient d'ailleurs conscience du fait que les candidats surestiment leur maîtrise des outils informatiques.
Internet désinhibe la fraude
Mais pourquoi ce besoin de truquer son CV ? « Ça a toujours existé, affirme Hymane Ben Aoun. Auparavant, on avait peut-être moins de moyens pour s'en apercevoir. » Pourtant, les études successives du cabinet Florian Mantione montrent bel et bien une évolution. « Internet a énormément désinhibé les candidats, observe le consultant. Il est plus facile de dire qu'on s'est trompé en cochant une case d'un cv électronique que d'écrire noir sur blanc la vérité. »
Des CV faussés pour répondre à des annonces faussées
Côté candidat, on met surtout en cause l'exigence excessive des employeurs. « L'hypocrisie vient surtout des recruteurs, affirme Rudolf. S'ils ne demandaient pas des compétences démesurées par rapport à celles réellement nécessaires au poste, on n'aurait plus besoin de mentir. »
Pas question non plus pour les recruteurs de ne blâmer que la mauvaise foi des candidats : « quand les recruteurs font bien leur boulot et prennent la peine de demander aux candidats de présenter des preuves de leurs diplômes, de leurs salaires et de leurs anciens contrats, on évite les fraudes, assène Florian Mantione. Quoi qu'il arrive, on a les candidats qu'on mérite ! »
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 12.12.08
Mentir sur son CV : l'avis de deux recruteurs
Du petit maquillage de CV au mensonge un peu trop gros en entretien, les recruteurs ne sont pas dupes et repèrent facilement les artifices. Mais attention, leur indulgence varie suivant la gravité de l'imposture. Nous avons recueilli les réactions à chaud de deux recruteurs face aux boniments les plus fréquents.
« Mais si, j'en suis capable... »
Exagérer ses responsabilités, c'est quasi un classique tant dans le CV que pendant l'entretien d'embauche. « Il y a certaines formulations qu'on repère tout de suite », sourit Hymane Ben Aoun, d'Arvati France. Les « nous avons augmenté les chiffres de tant de pourcents » qui inclut le candidat dans un groupe, par exemple... « On comprend vite que le candidat a participé à un projet, reprend la conseillère en recrutement, mais qu'il n'en a peut être pas assumé toutes les responsabilités... » « Personnellement, ça ne me dérange pas, affirme Florian Mantione, du Florian Mantione Institut. Ce n'est pas parce qu'on n'a pas encore fait quelque chose qu'on n'est pas capable de le faire. » A vous, en revanche, de vous prendre en main pour arriver au plus vite au niveau demandé. Sinon, la supercherie sera vite démasquée... et vous même risquez de perdre pied !
Diplômé de l'ESC Saint Martin-du-Fouilloux
« L'un des premiers motifs de fraude porte sur la formation, observe Hymane Ben Aoun, du cabinet Aravati France. Le plus courant étant les gens qui ont fait une école, mais qui n'ont pas eu le diplôme. » Les degrés de mensonge sont donc variables, allant de la simple « formation à » laissant les portes ouvertes à toute interprétation quand on n'est pas diplômé, jusqu'au très dangereux faux diplôme. Or, si la loi vous protège en cas de mensonge à l'embauche, elle condamne très durement l'usage de faux. « De toutes manières, les recruteurs ne sont pas dupes, souligne Florian Mantione. Ils demandent régulièrement une copie du diplôme pour éviter ce genre de truandage. »
Cachez ce trou que je ne saurais voir
Une période de chômage qui ne vous sied guère, un contrat terminé prématurément, un poste pas vraiment valorisant ? On allonge légèrement la durée du poste précédent et hop… le tour est joué ! « Quand je m'en aperçois, j'aime surtout observer la réaction du candidat, reconnaît Florian Mantione. S'il se défend habilement, je considère qu'il sera sans doute habile dans son métier également... Si ses excuses sont bidons, je n'apprécie guère. » La réaction de Hymane Ben Aoun est légèrement différente : « j'aime qu'un candidat me parle honnêtement pendant l'entretien. Une faille sur un CV n'est pas rédhibitoire. Une malhonnêteté, si. »
Le salaire… de mes rêves
Un peu de primes par-ci, une pincée d'avantages par là... Gonfler son salaire précédent fait également partie des pratiques courantes du candidat peu scrupuleux (ou « averti »... au choix !). « Ce sont souvent des commerciaux qui ne citent que le meilleur mois de l'année ou qui anticipent les objectifs atteints », observe Florian Mantione. Une attitude jugée peu dramatique par Hyman Ben Aoun : « Pour moi, c'est quelque chose de totalement humain. On estime souvent être sous payé par rapport à sa valeur... » Pour autant, ne croyez pas vous en sortit si facilement : « Nous aussi on ruse, reprend Florian Mantion. On demande une copie des trois derniers bulletins de salaire... »
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 11.12.08
09:35 Publié dans Cadremploi.fr | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rubrique economique et social
01 décembre 2008
Mettez du bio dans votre carrière
Un peu de vert sur votre cv, vous y aviez déjà pensé ? En Rhône-Alpes, le secteur du bio connaît un fort développement et devient un enjeu stratégique pour les entreprises. A la pointe des innovations techniques, commerciales et marketing, le bio investit tous les marchés, se professionnalise et recrute des profils de plus en plus exigeants.
Fini le temps où le secteur du bio se voyait relégué au rang d'économie de seconde zone. En Rhône-Alpes, première région en nombre d'exploitations bio, la filière attire de plus en plus de grands groupes et les entreprises misant sur un mode de consommation plus naturel se développent.
40 % de croissance dans les cosmétiques
« Au niveau de l'agroalimentaire, c'est un marché qui croît de 10 % par an », explique Séverine Chastaing, chargée de mission à Bioconvergence Rhône-Alpes, une association regroupant les professionnels du secteur agrobiologique de la région. Une croissance qui atteint même 40 % par an dans la filière cosmétique.
Une belle diversité agricole
« Historiquement, la Drôme, notamment, a toujours été un département leader sur le bio, souligne Olivier Markarian, directeur commercial de Markal. Notre situation géographique nous permet d'avoir une belle diversité agricole. » Petit-fils du fondateur de la minoterie, l'entrepreneur ne peut s'empêcher d'admirer les évolutions de son marché : « il y a dix ans, personne ne pariait une cacahouète sur nous. Aujourd'hui on nous envie. » Et pour cause : Markal conquiert chaque année de nouveaux marchés. « Nous nous développons très bien en Angleterre et aux Etats-Unis, et nous venons de démarrer l'export sur le Moyen-Orient, l'Asie du Sud-Est et l'Europe de l'Est », énumère le chef d'entreprise.
Commercial, marketing et logistique
Idem pour la société Euro-Nat. Partie de l'idée d'une commercialisation française du quinoa (une céréale sud-américaine), la société a diversifié ses gammes et développé la distribution de ses marques. Aujourd'hui, 177 salariés travaillent pour le groupe. « Depuis trois ans, nous recrutons régulièrement des commerciaux et de nouveaux collaborateurs en marketing et en logistique », annonce Séverine Daujam, attachée de direction de l'entreprise.
Des opportunités pour les cadres
Et pas question de restreindre les embauches aux seuls rescapés de l'époque baba-cool : « il faut démystifier l'idée qu'on n'emploie que des convertis ou des fanatiques, souligne Olivier Markarian. Moi, ce qui m'intéresse ce sont des gens qui ont envie de prendre part à un projet d'entreprise. »
Pour lui, la professionnalisation du secteur rend judicieux le choix d’une carrière dans le bio pour un cadre. « S'il existe encore une myriade de toutes petites entreprises, commente Olivier Markarian, la plupart d'entre nous ont réussi à atteindre la taille de PME et recherchent sans cesse à croître. »
Les géants sur le secteur
Croître pour mieux s'adapter aux lois du marché. Car loin de la petite structure vivotant sur ses terres, le bio attire de plus en plus de géants de la consommation. Danone, Picard ou L’Oréal investissent de plus en plus dans la filière.
Un attrait dû tout autant à l'engouement des consommateurs pour le bio qu'à un réel dynamisme des acteurs du secteur. Travaillant sans cesse sur de nouvelles entrées de gamme, la filière bio accorde une grande place à l'innovation. En Rhône-Alpes, le programme Bio'innov accompagne d'ailleurs chaque année dix entreprises dans leurs stratégies de développement.
Recherche et Développement
« Que ce soit dans la transformation des matières premières, dans le design des produits, dans l'adéquation des emballages, le bio est un secteur qui demande de plus en plus d'investissements dans la Recherche et le Développement », précise Séverine Chastaing, à Bioconvergence. Preuve s'il en est encore besoin, que le bio n'a pas fini de faire parler de lui.
Tiphaine Réto © Cadremploi.fr - Publié le 01.12.08
09:54 Publié dans Cadremploi.fr | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rubrique economique et social









